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Journée de la robe rouge 2026 : témoigner de la crise des FFADA2E+

Published on 08/05/2026 by YWCA Canada
Chaque année, le 5 mai, des communautés partout au Canada se rassemblent pour souligner la Journée nationale de sensibilisation aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQIA+ autochtones disparues et assassinées (FFADA2E+), communément appelée la Journée de la robe rouge. C’est un moment de commémoration, de réflexion et d’action, qui met en lumière une violence persistante ancrée dans le colonialisme et les injustices systémiques.

Les données à elles seules révèlent une réalité dévastatrice. Au Canada, les femmes autochtones sont quatre fois plus susceptibles de subir de la violence que les femmes non autochtones. Bien qu’elles représentent moins de 5 % de la population, elles comptent pour 24 % des victimes d’homicide chez les femmes. Ces chiffres ne sont pas le fruit du hasard; ils témoignent d’une longue histoire de déplacements forcés, de discrimination et de défaillances politiques délibérées.

 

Un héritage de violence coloniale

 

La violence envers les femmes, les filles et les personnes de la diversité de genre autochtones ne peut être comprise sans reconnaître l’héritage du colonialisme au Canada. Des générations de politiques néfastes — déplacements forcés, pensionnats, « rafle des années 60 », ainsi que les inégalités persistantes dans les systèmes de protection de l’enfance et de justice — ont créé des conditions qui accroissent la vulnérabilité tout en limitant l’accès à la protection et à la responsabilisation.

Ces défaillances systémiques ont directement mené à des revendications pour une reconnaissance et des actions à l’échelle nationale.

 

FFADA et le chemin vers la vérité et la réconciliation

 

Le 8 décembre 2015, le gouvernement fédéral a lancé l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, en réponse à l’appel à l’action no 41 de la Commission de vérité et réconciliation. Cette enquête avait pour mandat d’examiner les causes systémiques, sociales, économiques, culturelles, institutionnelles et historiques de la violence envers les femmes, les filles et les personnes de la diversité de genre autochtones, et de formuler des recommandations concrètes pour prévenir de futurs préjudices.
Le rapport final de l’Enquête, Réclamer notre pouvoir et notre place, conclut que la crise est alimentée par des violations persistantes des droits de la personne et des droits des peuples autochtones, par le racisme structurel, ainsi que par des systèmes coloniaux et patriarcaux et une marginalisation profonde. Les survivantes et les familles ont livré des témoignages puissants, mettant en lumière comment les traumatismes intergénérationnels, la pauvreté, l’insécurité en matière de logement, les obstacles à l’accès aux soins de santé et à l’éducation, ainsi que la dévalorisation sociale, augmentent les risques de violence.

L’Enquête a conclu sans équivoque que cette violence continue constitue un génocide envers les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones.

 

Les appels à la justice

 

Le rapport final comprend 231 appels à la justice, qui s’adressent non seulement aux gouvernements, mais aussi aux institutions, aux industries, aux prestataires de services sociaux et à l’ensemble de la population canadienne. Ces appels exigent des transformations profondes dans les domaines du maintien de l’ordre, des soins de santé, de l’éducation, de la protection de l’enfance et du système judiciaire, tout en s’attaquant au racisme et à la discrimination systémiques.
Ils soulignent également les risques accrus liés à l’exploitation des ressources et aux effectifs de travail temporaires, mettant en évidence la nécessité d’une responsabilisation qui dépasse les actes individuels de violence. Comme le précise le rapport, la justice nécessite à la fois des mesures immédiates pour assurer la sécurité et des réformes structurelles à long terme.

Pourquoi des robes rouges?

 

La Journée de la robe rouge est étroitement liée au projet REDress, une installation artistique puissante créée en 2010 par l’artiste métisse Jaime Black-Morsette. Ce projet met en scène des robes rouges vides, suspendues à des arbres, accrochées à des bâtiments ou exposées dans des espaces publics, pour symboliser les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées.
Les robes rouges évoquent l’absence et la perte, mais aussi la persistance. Elles refusent le silence. Présenté partout au Canada et aux États-Unis, le projet REDress est devenu l’un des appels à l’action visuels les plus marquants et les plus émouvants au pays.

Honorer les vies, exiger des changements

 

La Journée de la robe rouge ne se limite pas au souvenir. Elle appelle à la responsabilité.
À la YWCA, nous croyons que la justice de genre, la justice raciale et les droits des peuples autochtones sont indissociables. Honorer les vies fauchées trop tôt, c’est s’engager à poser des actions concrètes pour contrer la violence, soutenir les survivantes et faire progresser la réconciliation en pratique, et non seulement en paroles.

Comment passer à l’action lors de la Journée de la robe rouge

 

Tout le monde a un rôle à jouer pour mettre fin à la violence envers les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQIA+ autochtones. Le 5 mai, vous pouvez :
  • Porter du rouge en signe de solidarité et de commémoration
  • Participer à une veille ou à une activité locale de la Journée de la robe rouge
  • Écrire à vos représentantes et représentants élu·e·s pour exiger la mise en œuvre complète des 231 appels à la justice
  • Amplifier les voix autochtones, en particulier celles des survivantes, des familles et des personnes leaders communautaires
  • Poursuivre votre apprentissage sur les racines de la violence coloniale et votre rôle dans la réconciliation
La véritable justice exige un engagement soutenu. En cette Journée de la robe rouge 2026, et au-delà, honorons les vies par l’action, la responsabilisation et le soin collectif.
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